Déformer un métal : les différentes méthodes possibles

Déformer un métal : les différentes méthodes possibles

2021-04-20 Commentaires fermés sur Déformer un métal : les différentes méthodes possibles By Yves Saint-Hilaire

Le travail du métal tient une place importante dans le secteur industriel. Afin de concevoir des pièces techniques de qualité, les métallurgistes doivent être dotés du savoir-faire et des compétences requises en la matière. Ils pratiquent diverses techniques de déformation métallurgique pour satisfaire des besoins différents. Plusieurs métaux peuvent être façonnés : l’inox, l’acier, l’aluminium, le cuivre, etc. Dans cet article, nous allons vous présenter les différentes méthodes de déformation de métaux.

Le fluotournage

Il s’agit d’une technique qui consiste à faire glisser le métal entre un mandrin et des molettes. A l’issue du travail de métal, les pièces obtenues ont une épaisseur réduite. L’opération est réalisée à chaud (à une température comprise entre 450 °C et 1 050 °C) ou à froid. Le fluotournage présente de nombreux avantages, pour ne citer que :

  • la rapidité et l’efficacité du procédé de réalisation ;
  • la possibilité de modérer l’effort en exerçant une pression d’intensité moyenne sur les métaux ;
  • la précision sur les dimensions souhaitées ;
  • la possibilité de fabriquer des pièces à très faible épaisseur ;
  • l’économie faite sur la matière travaillée ;
  • l’absence de soudure dans la conception des pièces ;
  • la conservation de la fibre du métal de base dans chaque réalisation.

Le fluotournage est très prisé dans le domaine de l’aérospatiale, car il permet d’obtenir des pièces aux dimensions considérables sans points de soudure.

Il existe deux types de fluotournage : le fluotournage conique et cylindrique.

Le fluotournage conique

Également appelé fluo-projection, le fluotournage conique permet de fabriquer des pièces de forme conique. Lors du travail, le métallurgiste fait fluer le métal entre les molettes et l’outillage depuis un disque. Ainsi, l’épaisseur de la pièce au niveau de la partie conique dépend étroitement de son épaisseur de départ et du sinus de l’angle.

Le fluotournage cylindrique

Dans cette seconde technique, le métallurgiste utilise une ébauche pour concevoir les pièces. Ces dernières possèdent une épaisseur variée sur la partie cylindrique. Grâce au mouvement d’une broche, le mandrin et l’ébauche sont mis en rotation. Situées à un angle de 120° les unes par rapport aux autres, les molettes exercent des forces équilibrées sur les pièces. Par conséquent, celles-ci subissent un fluage axial et un rallongement.

L’emboutissage

Cette méthode permet d’allonger ou de modeler de manière spécifique le métal. L’emboutissage s’effectue grâce à l’utilisation des presses à dimensions variables nécessitant un effort de serrage. C’est une technique complexe, car il faut passer par plusieurs opérations avant d’aboutir au résultat attendu. L’acier et l’aluminium sont souvent les matières les plus travaillées lors d’un emboutissage. Leur résistance et leur robustesse permettent d’avoir des pièces en série.

Cinq techniques d’emboutissage sont à la disposition du métallurgiste :

  • l’emboutissage avec outils simple effet ;
  • l’emboutissage avec outils double effet ;
  • l’emboutissage à froid ;
  • l’emboutissage à chaud ;
  • l’emboutissage multi-passes.

 

Le repoussage

Outre les métallurgistes, les orfèvres et les joailliers utilisent également la technique de repoussage. Celle-ci consiste à travailler le métal à l’aide d’une molette afin de le faire prendre une forme identique à celle du mandrin. Cette méthode peut remplacer l’emboutissage dans le cas de la fabrication des pièces de petite ou de moyenne série. Presque tous les types de matériaux supportent la technique de repoussage : inox, aluminium, laiton, zinc, acier…

Le repoussage des métaux comporte plusieurs avantages :

  • la rapidité de production : comparé aux techniques traditionnelles de déformation métallurgique, le repoussage offre un gain de temps considérable. C’est la raison pour laquelle, cette méthode est la plus adaptée pour fabriquer des prototypes ;
  • la possibilité d’économies : le repoussage permet d’éviter un gaspillage de matières. En effet, les métaux sont utilisés de façon plus nette ;
  • la rentabilité : grâce à l’automation, l’ouvrier peut régler les paramètres en cas de rectification d’un prototype.

On compte deux procédés de repoussage de métaux : le repoussage manuel et le repoussage au tour automatique. Le premier est adapté dans la fabrication de joyaux. Quant au second, il est utilisé dans la conception de pièces de grande série.

Comments are closed